Citations - Design + Crise

Vous retrouverez ici certaines des citations longues liées au cours Design + Crise (2015-16, semestre 1, Licence III Design - UT2J).

COURS 2 - CONTEXTE(S) POUR LE DESIGN - PENSER LE CAPITALISME (ET SON APRÈS?)

SOTTSASS Ettore, Casa Bella #365 , 1972.

“Les problèmes de production n’existent plus […] Quelques mouvements suffisent, et les machines fabriquent tout d’elles-mêmes dans des cycles éternellement répétés. Même les “biens de consommation” sont déplacés automatiquement le long des canaux d’une sorte de réseau sous-terrain d’un central super-pneumatique, interrogé automatiquement par un clavier portable qui communique par radio avec les ordinateurs des supermagasins”. [ma traduction]

NANCY Jean-Luc, Au lieu de l’utopie, Quimper : le Quartier, 2000, Les utopies et leurs représentations (coll.), p. 23.

L’utopie est “un hors-lieu qui travaille au cœur du réel, non pas pour le crever et pour le néantiser, mais au contraire pour dégager l’espace de sa pulsation, le jeu d’un jointement qui ne se laisse pas souder parce qu’il doit faire partage et relance du sens”.

BRANZI Andrea, Nouvelles de la métropole froide. Design et seconde modernité, Paris : Éditions du centre Georges Pompidou, 1991 [1988].

“L’absence d’une école centrale et d’un musée consacrés au design s’est révélée positive. Elle a favorisé une vision du design en tant que “grand problème ouvert”, histoire dynamique en perpétuelle évolution, dont seuls les laboratoires expérimentaux, la Triennale, la Domus Academy et de nombreuses revues pouvaient suivre l’évolution, présenter les résultats et poser les nouvelles problématiques. Le design s’efforçait donc moins de résoudre des problèmes que d’en soulever de nouveaux”.

CHTCHEGLOV Ivan, Écrits Retrouvés, Paris : Allia, 2006.

“Je ne sais quel refoulement habite cet individu - laid de visage et hideux dans ses conceptions du monde - pour vouloir ainsi écraser l’homme sous des masses ignobles de béton armé, matière noble qui devrait permettre une articulation aérienne de l’espace, supérieure au gothique flamboyant. Son pouvoir de crétinisation est immense. Une maquette du Corbusier est la seule image qui m’évoque l’idée du suicide immédiat”.

MALDONADO Tomas, “How to Fight Complacency in Design Education” , in Bit International, No. 4, 1969.

“Human environment is composed both of things and persons, and also by events. It is not simply a static collection of things and persons. There exist conflicts between people. There exist conflicts between objects. And what is even stranger, very often the conflict between objects is a reflection of an existing conflict between people. The “like-dislike” of people regarding objects is more than often just the reflection of the “like-dislike” between people. Human environment taken as a mere problem of “dead variables” is, as O. K. Moore defined it, a “one player problem”, a Robinson Crusoe problem. Many designers have adopted, and still do, this attitude. With apparent good faith, they affirm that the world is improved by just improving the objects of the world”.

BRANZI Andrea, Nouvelles de la métropole froide. Design et seconde modernité, Paris : Éditions du centre Georges Pompidou, 1991 [1988].

““La société postindustrielle se développe donc en stimulant le grand potentiel de création et l’imagination des hommes, libérés du travail répétitif, certes, mais souvent prisonniers de leur rôle de consommateurs professionnels. Ils évoluent à l’intérieur de nombreux territoires narratifs, imaginés et vécus, qui demeurent les seules terres vierges de notre société, où se développent l’identité et les relations sociales”.

PAPANEK Victor, Design for the real world : human ecology and social change, Thames and Hudson, Londres, 2005 (2e édition).

“There are professions more harmful than industrial design, but only a very few of them. And possibly only one profession is phonier. Advertising design, in persuading people to buy things they don’t need, with money they don’t have, in order to impress others who don’t care, is probably the phoniest field in existence today”
ou en version française :
“Peu de professions sont plus pernicieuses que le design industriel. Il n’y a peut-être qu’une seule autre profession qui soit plus factice : le design publicitaire, qui persuade les gens d’acheter des objets dont ils n’ont pas besoin, avec de l’argent qu’ils n’ont pas, afin d’impressionner d’autres gens qui s’en moquent”.

ŽIŽEK Slavoj, Bienvenue dans le désert du réel, Paris : Flammarion, 2008 [2002].

“Lorsque le coin le plus reculé du monde a été conquis par la technique et peut être exploité économiquement ; lorsque tout ce qui arrive sur la planète, à n’importe quel endroit, à n’importe quel moment, est accessible ; lorsque, à travers la “couverture médiatique en direct”, on peut simultanément “vivre” un combat dans le désert irakien et la représentation d’un Opéra à Pékin ; lorsque, à l’heure du réseau digital mondial, le temps n’est plus que vitesse, instantanéité et simultanéité ; lorsque le gagnant d’un jeu de télé-réalité est considéré comme le grand homme d’un peuple ; alors, oui, surgit de tout ce tumulte, tel un spectre, la question : et pourquoi ? — pour aller où ? — et alors ?…”

DEBORD Guy, La société du spectacle, 3e éd., 1992 [1967].

“Là où s’est installée la consommation abondante, une opposition spectaculaire principale entre la jeunesse et les adultes vient en premier plan des rôles fallacieux : car nulle part il n’existe d’adulte, maître de sa vie, et la jeunesse, le changement de ce qui existe, n’est aucunement la propriété de ces hommes qui sont maintenant jeunes, mais celle du système économique, le dynamisme du capitalisme. Ce sont des choses qui règnent et qui sont jeunes ; qui se chassent et se remplacent elles-mêmes”.